La page de Myriam

Et le mot de Michel

A venir !

Poème du chat

 

Ils sont autour de nous, bondissants, vifs et fiers,

Acceptant nos caresses si nous les méritons ;

Petites boules de poils, multicolores, altières,

Toutes griffes dehors, adorables chatons.

 

Très espiègles et joueurs, le coup de patte rapide,

Ils vont et virevoltent, pleins de vie et curieux.

Ils n'ont peur de rien et sautent dans le vide,

Ou se lovent sur nous ronronnant et heureux.

 

Parfois vociférant contre un chien inconnu,

Ils crachent leur colère pour imposer leur loi ;

Hors d'ici, imposteur, retourne dans la rue,

Ici c'est ma famille, mes amours et mon toit.

 

Et souvent ils sont frères et dorment l'un contre l'autre.

Ils partagent leur couche, les repas, la maison,

Et l'amour est de règle à l'instar des apôtres

Sur les antagonismes domine la raison.

 

Car les chiens et les chats sont bien souvent complices

L'amour chez les bêtes n'est pas calculateur

Si les hommes méchants n'excitent pas leurs vices,

C'est la fraternité qui régente leur coeur.

 

Et la vie passe ainsi, ils sont indépendants,

Car ce sont eux les maîtres et leur indifférence

Nous tourmente parfois autant que nos enfants,

Ils ne font qu'à leur tête, excluant l'allégeance.

 

Même pour les repas, règne l'indiscipline

Ne mangeant qu'à leurs heures et font les dédaigneux

Car ils savent d'instinct quand à notre cuisine

N'est pas bien à leur guise, ils trouvent beaucoup mieux.

 

Chasseurs impénitents, toutes griffes sorties,

Ils guettent patiemment les innocentes victimes,

Car c'est l'oiseau voletant, les loirs et les souris,

Qu'ils traquent avec sadisme pour arriver au crime.

 

Et puis les yeux mi clos, tout près du tapis brosse,

Ils apportent la preuve des méfaits de la nuit,

L'on découvre horrifiés, des têtes ou bien des os,

Reliefs d'un festin qui, par eux, est choisi.

 

"Gardez donc vos croquettes, vos boîtes ou votre viande,

Car je mène ma vie sans être inféodé ;

Je ne veux ni reproches, ni cris, ni réprimandes.

Nous la gente féline voulons la liberté."

 

Les années passent vite pour nos petits amis,

Dix ans terrestres, pour eux, c'est bien long en ce monde !

Nos existences sont courtes, bien plus courtes sont leurs vies. Un trop bref passage près de nous. Tout s'effondre...

 

Ces chats indifférents, affectueux à la fois,

Nous causent des tourments autant que de plaisirs,

Nous les voyons souffrir, courageux, sans effroi,

Devant la mort qui vient et le dernier soupir.

 

Compagnons trop furtifs, pour vous nos yeux se voilent

Et nos gorges se serrent et puis nous vous pleurons,

Et nous vous revoyons, là haut, près des étoiles.

A nouveau bondissant comme des petits chatons.

 

Parfois, nous sommes surpris car dans notre cuisine,

Un miaulement s'entend et nous voyons vos yeux.

C'est un signe du ciel, une grâce Divine

Pour nous dire "voyez ! Nous sommes dans les cieux."

 

Sentez notre présence, car nos petites âmes

Toutes autant immortelles que les vôtres aussi,

Nous venons près de vous, telle une douce flamme,

Pour réchauffer vos coeurs d'un amour infini.

 

La vie est ainsi faite, tout retourne à la tombe.

Il en est des humains comme des petits chatons

Trois petits tours sur terre, les années passent en trombe.

Peut être dans l'au-delà, nous les retrouverons.

 

Léo Rosenblum

 


Texte de Saint Augustin

L'amour ne disparaît jamais... la mort n'est rien.

Je suis seulement passé dans la pièce d'à côté.

Je suis moi et vous êtes vous.

Ce que nous étions les uns pour les autres,

nous le sommes toujours.

 

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.

Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.

 

Ne changez rien au ton,

Ne prenez pas un air solennel ou triste.

Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.

 

Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été.

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.

Elle est ce qu'elle a toujours été.

Le fil n'est pas coupé.

 

Pourquoi serais-je hors de votre pensée,

simplement parce que je suis hors de votre vue?

Je vous attends, je ne suis pas loin,

juste de l'autre côte du chemin.

Vous voyez, tout est bien.

 

Saint Augustin